À l’issue d’un contrôle URSSAF, les entreprises doivent non seulement faire face au redressement de cotisations, mais également aux majorations de retard qui en augmentent significativement le coût.
Ces majorations obéissent à des règles spécifiques et peuvent, dans certains cas, faire l’objet d’une remise gracieuse.
Il est donc essentiel d’en comprendre le fonctionnement et d’identifier les leviers permettant d’en limiter l’impact financier.
I. Les majorations de retard applicables après un contrôle URSSAF
À la suite d’un contrôle, les majorations appliquées dans la mise en demeure URSSAF se décomposent en plusieurs catégories.
1. La majoration initiale de 5 %
Une majoration initiale de 5 % est appliquée lorsque le montant global du redressement atteint au moins le plafond annuel de la sécurité sociale en vigueur à la date de notification.
👉 Cette majoration constitue le socle des pénalités financières attachées au redressement URSSAF.
2. Les majorations complémentaires de 0,20 %
Une majoration complémentaire de 0,20 % par mois s’applique ensuite.
Point de départ
Elle court à compter du 1er février de l’année suivant celle au titre de laquelle les cotisations sont régularisées.
Taux réduit encas de paiement rapide
Si le redressement est réglé dans les 30 jours suivant la mise en demeure URSSAF, le taux de cette majoration est réduit à 0,10 %.
👉 Le respect de ce délai constitue donc un levier immédiat de réduction du coût du contrôle.
3. La majoration de 10 % pour absence de mise en conformité
Une majoration spécifique de 10 % est appliquée lorsque l’URSSAF constate :
- un manquement déjà relevé lors d’un contrôle précédent
- et une absence de mise en conformité dans un délai de 6 ans
👉 Cette majoration ne s’applique qu’à la part du redressement correspondant aux manquements réitérés.
4. Les majorations et pénalités spécifiques
Des majorations supplémentaires peuvent être appliquées en cas de situations aggravées :
- obstacle à contrôle
- abus de droit
- travail dissimulé
👉 Ces situations entraînent des pénalités significativement alourdies.
II. La remise gracieuse des majorations URSSAF
Face au poids financier des majorations de retard, les employeurs disposent de la possibilité de solliciter une remise totale ou partielle.
1. Principe : une demande possible même sans démontrer la bonne foi
La demande de remise gracieuse :
- peut être totale ou partielle
- n’est plus conditionnée à la démonstration de la bonne foi de l’employeur
👉 Elle constitue donc un levier stratégique de réduction du coût final du redressement.
2. Une condition impérative : le paiement préalable des cotisations
La demande de remise n’est recevable qu’après paiement intégral des cotisations ayant donné lieu aux majorations.
👉 En pratique, cela signifie que l’entreprise doit avoir réglé le principal du redressement.
3. Le cas particulier de la majoration complémentaire
La remise de la majoration complémentaire est possible uniquement dans deux situations :
- en cas d’événement extérieur, irrésistible et imprévisible (hypothèse très restrictive en pratique)
- lorsque les cotisations ont été réglées dans les 30 jours suivant l’exigibilité ou la notification de la mise en demeure
4. Les majorations exclues de toute remise
Certaines majorations ne peuvent jamais faire l’objet d’une remise :
- majoration pour absence de mise en conformité
- pénalités pour abus de droit
- pénalités pour obstacle à contrôle
- pénalités liées au travail dissimulé
5. Paiement et demande de remise : deux démarches compatibles
Le paiement des majorations :
- n’empêche pas de solliciter ensuite une remise
- permet même de sécuriser la procédure
👉 En effet :
- les majorations doivent être réglées dans le mois suivant la mise en demeure
- la demande de remise n’est pas conditionnée à l’absence de paiement préalable des majorations
III. Enjeu stratégique : maîtriser le coût global du contrôle URSSAF
Les majorations de retard peuvent représenter une part significative du coût final du redressement.
Une analyse stratégique permet notamment de :
- vérifier la régularité du calcul des majorations
- identifier les majorations contestables
- optimiser le calendrier de paiement
- préparer une demande de remise gracieuse argumentée
👉 Cette phase constitue un levier essentiel pour réduire l’impact financier du contrôle URSSAF.
Conclusion
Les majorations de retard URSSAF ne sont pas automatiques dans leur montant final.
Leur coût peut être anticipé, réduit et, dans certains cas, partiellement effacé grâce à une approche juridique et stratégique adaptée.
Maître Alexandra Dabrowiecki du cabinet Cerdic Legal accompagne les entreprises dans l’analyse des redressements URSSAF, la gestion des majorations de retard et la préparation des demandes de remise.



